Religion et Croyance


Le Vietnam est une terre de multiples religions et croyances. Les Vietnamiens ont une longue tradition de pratiquer les activités de culte. Chaque ethnie a sa propre croyance liée étroitement à sa vie économique et spirituelle.

Croyances populaires: Pour solliciter une protection, les ancêtres vietnamiens rendaient le culte à plusieurs génies en croyant que tous les objets, notamment le soleil, la lune, la terre, les rivières, les montagnes, … qui concernent directement leur agriculture, dissimulent une âme. Chaque ethnie minoritaire a certes sa propre croyance, mais celles qui sont les plus typiques sont les croyances primitives et populaires. On peut de nos jours en observer les pratiques chez les groupes ethniques tels que Tay-Thaï, Hmong-Dao, Hoa-San Diu-Ngaï, Cham-E De-Gia Rai, Mon-Khmer.

De plus, il faut compter le culte des ancêtres et la célébration des anniversaires de mort – une coutume très ancienne des Viets et des ethnies minoritaires. Chaque maison vietnamienne dispose en pratique d’un autel de culte. Le culte, en guise de reconnaissance vers les ancêtres, est toujours une tâche sacrée. Il ne concerne pas uniquement les ancêtres de la lignée patronymique au sein de la maison, mais il est également voué aux génies tutélaires du village dans les maisons communales. Le culte de ces génies et les maisons communales constituent une originalité du milieu rural vietnamien. Ces génies pouvaient être des êtres supranaturels ou des personnages hors pair tels que pères fondateurs de métiers ou héros nationaux ayant fait des exploits miraculeux dans la fondation du pays et dans la lutte contre les agresseurs étrangers. En outre, les Vietnamiens vénèrent le génie de la cuisine et le dieu du foyer.

Les croyances religieuses vietnamiennes sont depuis des siècle influencées par les valeurs combinées du culte des ancêtres, du bouddhisme, du confucianisme, du taoïsme, ainsi que, à un moindre degré par le christianisme et l’islam.

Le bouddhisme
Les trois principales doctrines du Vietnam sont le bouddhisme, le confucianisme et le taoïsme, for-mant le Tam Giao, les trois religions traditionnelles.
Introduit au Vietnam IIe siècle, le bouddhisme atteignit son apogée et fut adopté comme l’idéolo-gie officielle au temps des Ly ( XIe siècle). Le bouddhisme s’est largement répandu parmi la population et a exercé une profonde influence sur la vie sociale, laissant de nombreuses empreintes dans le domaine culture et architectural. Beaucoup de pagodes et de tours datent de cette période. À la fin du XIVe siècle, le bouddhisme s’est, dans une certaine mesure, estompé mais ses doctrines exercent encore une influence durable sur la vie sociale et les activités quotidi-ennes. À l’heure actuelle, 70% de la population vietnamienne est bouddhiste ou influencée par les pratiques bouddhistes.

La confucianisme
Le confucianisme est parti de Chine pour se propager au Vietnam au début de la domination chinoise. C’eat une doctrine morale selon laquelle les gens ont une part de responsabilité dans leur destin, doivent s’aimer les une les autres, et ne doivent pas songer à l’abstraction de l’au-delà. Le moyen d’échapper à la malchance et au mal-heur est donc de créer une société stable et har-monieuse, organisée comme une famille dont tous les membres seraient très unis.
La plupart des dynasties féodales s’en remet-taient au confucianisme. Sous les Ly, on a con-struit le Temple de la Littérature (en 1070), et le Collège Impérial (Quoc Tu Giam), en 1076. D’ailleurs, la même année eut lieu le premier exa-men de letters. À partir, du XVe siècle, les candi-dats reçus à ces concours mandarinaux, occu-paient les plus hautes functions, ce qui attirait de plus en plus d’étudiants. Sous l’influence du con-fucianisme, les société féodales ont accordé une place privilégiée à l’éducation, à la recherche de talents et à la compilation d’ouvrages. C’est héritage est encore très vivant de nos jours.

Le taoïsme
Le taoïsme est une philosophie fondée par le Chinois Lao Tseu, contemporain de Confucius. Les idée et la doctrine de sa religion sont expliquées dans son livre intitulé Dao Duc Kinh (Le livre de la Moralité). L’idée centrale de cette sagesse philosophique est de vivre purement et simplement. Elle repose sur l’harmonie entre l’homme, la nature et l’ordre universel.
Au fil du temps , le taoïsme s’est enrichi de mys-tères et de superstition liés à la sorcellerie et à des pratiques magiques visant à percer les secrets de l’Univers. Ces croyances ont une grande influence au Vietnam. Pour les classes intellectuelles et religieuses, le taoïsme a donné naissance à l’oisiveté, à la libre pensée, et au pessimisme. En ce qui concerne les classes pop-ulaires, il a surtout donné naissance à des suprt-stitions comme les conjurations, les prophéties et la sorcellerie.
Dans la plupart des cas, les génies du taoïsme sont vénérés dans les mêmes sanctuaires, ou sur les même autels, que les autres génies du Vietnam. Le taoïsme a exercé une grande influence sur la formation de différentes religions au Vietbam.

Le culture des ancêtres
Le culte des ancêtres, appelé aussi tho cung to tien, est pratiqué par la majorité des Vietnamiens, qui pensent que l’âme des défunts, même après plusieurs generations, rester présente au milieu de ses descendants sur terre. Les morts et les vivants continuent de communier spirituellement.
Dans chaque foyer frône solennellement l’autel des ancêtres.
Les plus grande manifestations religieuses ont lieu lors du Têt, c’est-à-dire le Nouvel An lunaire. Les familles se recueillent alors sur les tombes de leurs défunts, font brûler de l’encens et deposent des offrandes sur l’autel des ancêtres. Les autres manifestations du tho cung to tien s’échelonnent tout au long de l’année. La fếte des morts (thanh minh) a lieu le troisième jour du troisième mois lunaire. Les gens profitent du temps doux et du décor printanier pour se recueillir sur la tombe de leurs ancêtres. Le cinquième jour du cinqième mois lunaire marque la fin des récoltes.
Le quizième jour du septième mois lunaire est le jour des “âmes errantes”. Les gens lâchent alors des oiseaux dans le ciel et des poissons dans les cours d’eau pour rendre hommage aux âmes soli-taires. Les coutumes et pratiques du culte des ancêtres varient également d’une région à l’autre

Le caodaïsme
Le religion de la secte Cao Dai fut crée par Phu Ngo Van Chieu, un fonctionnaire de l’île de Phu Quoc, dans le Sud du Vietnam. La secte est con-nue aussi sous le nom de Tam Ky Pho Do, expression qui souligne l’importance de rendre un culte aux trois êtres suprêmes: Bouddha, Jésus Christ, et l’esprit supérieur du Cao Dai. Avec l’au-torisation du gouverneur français de Cochinchine, le caodaïsme a été officialisé dans le Sud du Vietnam en 1926. Les cérémonies ont duré 3 jours, les 18, 19 et 20 octobre 1926, et se sont déroulées à la pagode Tu Lam (après de Tay Ninh) en présence du gouverneur général d’Indochine et de celui du Sud-Vietnam. À cette occasion, l’in-vestiture a été accordée aux dignitaires de la secte.
Pour le Saint-Siège, “l’œil” est le symbole sacré de la religion. Les croyants se sont récemment dispersés dans le Centre du Vietnam et dans les Hauts Plateaux du Centre, et même jusque dans le Nord, ce qui a favorisé la divi-sion du cao-daïsme en plusieurs branch-es. Ainsi, à Hô Chi Minh- Ville, on compte aujourd’hui 28 sièges caodaïstes et près de 180 000 adeptes.

La secte Hoa Hao 
Hoa Hao est une secte religieuse relativement récente au Vietnam puisqu’elle a vu le jour en 1939. Elle est issue du bouddhisme: la base fon-damentale de la secte Hoa Hao s’inspire de l’idéal bouddhique reposant sur la miséricorde, l’amour, l’égalité, ainsi que sur la loi de cause à effet. Les edeptes ne font aucune offrandes de viande, de poisson ou de papiers votifs pour rendre un culte à Bouddha. On applique en conséquence un rituel très simple: offrir à Bouddha seulement de l’eau fraîche, des fleurs et de l’encens. L’eau symbolize la propreté, les fleurs, la pureté, et l’encens net-toie des souillures. Les croyants suivent un régime végétarien de quatre jours tous les mois, soit les 14e , 15e, 29e et 30e jour du calendrier lanaire. À l’heure actuelle, la secte compte plus d’un million d’adeptes, qui se répartissent surtout à Hô Chi Minh-ville et dans la partie occidentale du Sud.

Le catholicisme
Il a été introduit au Vietnam au XVIe, siècle par des missionnaire portugais, espagnols, et français. Le pape Alexandre II a envoyé les pre-miers évêques au Vietnam en 1659. neuf ans plus tard, les premiers prêtres vietnamiens étaient nommés. Sous la domination française, de nom-breuses églises on été construites au Vietnam. Les catholiques représentent aujourd’hui 10% de la population et sont surtout concentrés à Bui Chu-Phat Diem (province de Ninh Binh) et Ho Nai- Bien Hoa (province de Dong Nai).

Le protestantisme
Le protestantisme fut introduit au Vietnam en 1911 et il a même dogme que le catholicisme, mais il s’est peu répandu. Les protestants vivent pour l’essentiel dans les Hauts Plateaux du Centre. À Hanoi, il y a une église protestante dans la rue Hang Da. Le pays compte actuellement environ 400 000 pratiquants de cette religion.

L’islam
Les islamiste sont principalement des Chams vivant dans le Centre du Vietnam. Ils sont environ 65 000 de nos jour

LIBERTÉ DE CROYANCE ET DE NON CROYANCE

La liberté de croyance et de non croyance des citoyens vietnamiens est dictée dans la Constitution et pratiquement garantie. Dans son article 70, la Constitution de 1992 affirme que “Les citoyens ont les libertés de croyance, de religion et le droit de pratiquer ou ne pas pratiquer une religion. Les religions sont égales devant la loi. Les lieux de culte des croyances et des religions sont protégés par la Loi. Nul ne peut porter atteinte aux libertés de croyance et de religion, ni abuser des croyances et des religions pour contrarier la loi et les politiques de l’État”.

Le droit de croyance et de religion est concrétisé par des textes réglementaires. En effet, l’ordonnance sur la croyance et la religion entrant en vigueur depuis le 15/11/2004 a légiféré les orientations et les politiques de l’État en la matière, afin de permettre aux citoyens d’user de leur droit de croyance et de religion. Tous citoyens – croyants, religieux ou non – sont égaux devant la loi. Ils ont la liberté de pratiquer ou non une religion; d’exprimer leur foi religieuse; d’organiser les rituels de culte et de prière; de participer aux cérémonies religieuses et d’apprendre les principes et les dogmes de leur religion. Les organisations religieuses sont aussi égales devant la loi. L’État garantit la liberté de croyance et de religion en protégeant les bases matérielles des organisations religieuses telles que pagodes, églises, basiliques, temples, palais, mosquées, sièges, écoles religieuses, livres dogmatiques et objets de culte. Le gouvernement a publié le 1er mars 2005 le décret No 22/2005/NĐ-CP pour préciser la mise en application de certains articles de la dite ordonnance. Il a également publié le 4 février 2005 la directive No 01/2005/CT-TTg sur le protestantisme en vue de favoriser les activités des fidèles et dignitaires protestants.

ACTIVITÉS RELIGIEUSES

Au Vietnam, il y a une vingtaine de millions de personnes qui participent aux activités religieuses, près de 62.500 dignitaires, bonzes et 22.354 lieux de culte; les établissements de formation religieuse ne cessent de gagner de l’envergure. Dans l’ensemble du pays se trouvent aujourd’hui 10 universités religieuses, 3 instituts bouddhiques, 6 grands séminaires catholiques, 1 institut biblique et théologique créé par l’Union des églises protestantes du Vietnam, 40 écoles de formation des dignitaires religieux à différents niveaux. Les organisations religieuses peuvent faire éditer des livres religieux notamment bibliques en fonction de leurs besoins.

Les adeptes ont toute la liberté de pratiquer les rituels, d’exprimer et de réaliser leur foi religieuse. Les dignitaires, les moines ont la liberté d’exercer leurs fonctions. L’institution, la nomination, la mutation des dignitaires s’effectuent conformément aux règles de la religion. Les organisations religieuses qui se sont vu attribuer le statut de personne morale au cours de ces dernières années ont connu une progression en matière du nombre de fidèles, de dignitaires, de lieux de culte restaurés et construits, d’ouvrages religieux édités et d’activités religieuses. Les dignitaires, les moines peuvent accéder à la formation et aux études organisées dans le pays ou à l’étranger et assister aux activités religieuses à l’étranger. Ces dernières années, nombreuses organisations religieuses étrangères sont venues au Vietnam pour participer à des échanges avec les organisations religieuses vietnamiennes