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ETHNIES DU VIETNAM

Ethnie Giay au Vietnam : Entre rizières en terrasse et traditions séculaires

Tout savoir sur l'ethnie Giáy au Vietnam : Culture, Traditions et Vie Quotidienne

Plongez au cœur de la culture de l'ethnie Giáy au Vietnam. Découvrez leur population, leurs coutumes uniques, leurs costumes traditionnels et leur mode de vie spirituel.

Nichées dans les vallées brumeuses du nord du Vietnam, les communautés de l’ethnie Giay au Vietnam (prononcée « Zay ») incarnent une facette discrète mais profondément fascinante de la mosaïque culturelle vietnamienne. Moins médiatisés que leurs voisins Hmong ou Dao, les Giáy possèdent pourtant un patrimoine d’une richesse inestimable, façonné par des siècles d’harmonie avec la nature et la riziculture irriguée.

Voyage au cœur d’une communauté où la poésie chantée, le respect des ancêtres et l’élégance de la simplicité dictent le rythme de la vie quotidienne.

L’ethnie Giáy fait partie des 54 groupes ethniques officiellement reconnus au Vietnam.

  • Population : Selon les dernières données consolidées, la population Giáy s’élève à environ 68 000 habitants (67 858 selon le recensement officiel). Cela en fait l’une des minorités de taille moyenne du nord du pays.
  • Répartition géographique : Les Giáy vivent principalement dans les provinces montagneuses de la frontière septentrionale : Lào Cai (notamment dans les superbes vallées de Sa Pa comme le village de Tả Van, de Bát Xát et de Mường Khương), Hà Giang, Lai Châu et Cao Bằng. Contrairement aux Hmong qui habitent les hauts sommets, les Giáy préfèrent s’installer au pied des montagnes, dans les vallées fertiles et près des cours d’eau.
  • Langue : Leur langue appartient au groupe linguistique Tay-Thai (famille Kra-Dai). Bien qu’ils n’aient pas d’écriture traditionnelle propre (la transmission étant purement orale), la grande majorité des Giáy maîtrise aujourd’hui parfaitement le vietnamien écrit et parlé.
Ethnie Giay au Vietnam

L’histoire des Giáy est marquée par les migrations. On estime qu’ils ont émigré des régions du sud de la Chine (principalement du Guizhou et du Yunnan) il y a environ 200 à 300 ans.

En s’installant au Vietnam, ils ont su préserver leurs liens linguistiques avec le groupe Bouyei de Chine, tout en développant une identité culturelle propre, fortement influencée par l’environnement des vallées du Tonkin et les échanges avec les ethnies locales comme les Tày et les Thaï.

Contrairement aux costumes très chargés et lourdement brodés des Hmong Rouges ou des Dao, le costume traditionnel des Giáy brille par sa simplicité, sa coupe épurée et son équilibre.

Le costume des femmes

La tenue féminine se compose d’une blouse à cinq pans (souvent de couleur vive pour les jeunes femmes : bleu clair, rose ou vert) qui se boutonne subtilement sous l’aisselle droite. Le col et les poignets sont bordés d’une bande de tissu de couleur contrastante. Elles portent un pantalon large en satin noir et un foulard sur la tête, souvent teinté à l’indigo et noué avec des fils rouges ou colorés.

Le costume des hommes

Le costume masculin est encore plus sobre. Il s’agit d’une tunique simple de couleur sombre (indigo ou noire), boutonnée sur le côté ou à l’avant, portée avec un pantalon ample et un turban autour de la tête. Aujourd’hui, les hommes Giáy adoptent très majoritairement les vêtements occidentaux au quotidien.

La société Giáy est profondément patriarcale. Les enfants portent le nom du père, et c’est le fils aîné (ou le gendre si la famille n’a pas de fils) qui a la responsabilité de s’occuper des parents vieillissants et de maintenir la maison familiale.

Les rituels de naissance et le baptême

La naissance est un événement sacré. Durant la grossesse, la future mère doit respecter de nombreux tabous (ne pas brûler le bois par le haut, éviter les enterrements) pour protéger l’esprit du bébé. À l’âge d’un mois, la famille organise la cérémonie du nom. C’est à ce moment qu’un aîné de la famille choisit le prénom de l’enfant grâce à un rituel divinatoire impliquant un œuf posé verticalement et des grains de riz. Lors de cette cérémonie, on établit également l’horoscope de l’enfant sur un tissu rouge. Cet horoscope est précieux : il sera consulté des décennies plus tard pour vérifier la compatibilité amoureuse lors de son mariage, et pour déterminer l’heure exacte de ses funérailles.

Le mariage : L’influence des traditions anciennes

Le mariage Giáy est un processus codifié où le rôle de l’entremetteur est crucial. Une fois l’accord trouvé, la famille du marié offre des bijoux en argent (collier, bracelet) en guise de fiançailles. Le jour des noces, une tradition unique veut que la mariée soit portée sur le dos d’un membre de la famille ou du marié pour entrer dans sa nouvelle maison. Les Giáy croient que si ses pieds touchent le sol, son esprit pourrait rebrousser chemin vers la maison de ses parents.

Les rites funéraires

Les Giáy croient en la survie de l’âme après la mort. Si les funérailles sont correctement organisées, l’âme rejoint le royaume des cieux auprès des ancêtres. Dans le cas contraire, elle est condamnée à errer ou à descendre dans le monde souterrain. Le deuil pour les parents dure traditionnellement un an.

La spiritualité des Giáy repose sur un système animiste teinté d’influences bouddhistes, taoïstes et confucéennes.

  • L’autel des ancêtres : C’est le cœur spirituel de la maison, placé au centre. On y trouve généralement trois bols d’encens : le plus grand au milieu pour le Dieu de la Terre, et les deux autres pour les ancêtres de la famille et le Génie de la Cuisine.
  • Les esprits de la nature : Les Giáy vénèrent le dieu de la forêt et le dieu du village. Chaque village possède une forêt sacrée appelée Đoong Xía. Deux fois par an, des offrandes sont déposées au pied du plus grand arbre de cette forêt pour s’assurer la protection du génie protecteur contre les épidémies et les mauvaises récoltes.

L’architecture des maisons Giáy dépend fortement de leur zone géographique :

  • À Hà Giang et Cao Bằng, ils vivent principalement dans des maisons sur pilotis.
  • À Lào Cai (Sa Pa) et Lai Châu, ils construisent des maisons de plain-pied (au ras du sol) ou des maisons en terre battue appelées trình tường.

Quelle que soit la structure, la maison traditionnelle comprend toujours trois compartiments. Le compartiment central, face à la porte principale, accueille l’autel des ancêtres et sert à recevoir les invités. Les compartiments latéraux servent de chambres. Une mezzanine (grenier) située au-dessus du foyer permet de stocker les récoltes de maïs et de riz à l’abri de l’humidité et des nuisibles.

L’économie des Giáy repose essentiellement sur l’agriculture.

  • Agriculture de pointe traditionnelle : Excellents constructeurs de réseaux d’irrigation, ils excellent dans la riziculture aquatique (riz irrigué). Ils utilisent les buffles d’eau pour le labourage des vallées. Sur les pentes trop abruptes, ils cultivent le maïs, le manioc et le thé.
  • Élevage et artisanat : Ils élèvent des porcs, de la volaille et des chevaux (utilisés historiquement comme animaux de bât pour le transport en montagne). Le tissage du coton, bien qu’en déclin, fait également partie de leurs savoir-faire traditionnels.

Gastronomie locale

L’alimentation de base est le riz blanc. La méthode de cuisson des Giáy est singulière : ils font d’abord bouillir le riz dans une grande poêle jusqu’à ce que le cœur du grain soit presque cuit, puis le transfèrent dans une marmite en bois pour terminer la cuisson à la vapeur. L’eau de cuisson riche en amidon est conservée pour être bue tout au long de la journée. Les Giáy sont aussi réputés pour leurs gâteaux festifs, notamment le bánh chưng gù (gâteau de riz gluant bossu) et le bánh khảo.

Où peut-on facilement rencontrer l’ethnie Giáy lors d’un voyage au Vietnam ?

Le lieu le plus accessible pour les voyageurs est le village de Tả Van, situé dans la vallée de Muong Hoa à Sa Pa (province de Lào Cai). De nombreuses familles Giáy y proposent des hébergements chez l’habitant (homestay).

Quelle est la principale fête traditionnelle des Giáy ?

La fête la plus importante est le Festival Roóng Poọc, célébré le jour du Dragon du premier mois lunaire. Ce festival marque le début de la saison de la culture du riz. On y prie pour des récoltes abondantes à travers des jeux traditionnels (comme le lancer de balle pao) et des chants rituels.

Quelle est la particularité de la musique Giáy ?

Les Giáy possèdent un répertoire très riche de chants alternés (reciproques). Les jeunes hommes et jeunes femmes se répondent en vers poétiques lors des festivals ou des mariages pour exprimer leurs sentiments. Leurs instruments traditionnels incluent le tambour, le gong et la trompette Pí Lè.

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